Bierbüch et autres expressions alsaciennes autour de la bière

En Alsace, on se nourrit depuis longtemps de bière, et la bière nourrit l’Alsace, économiquement bien-sûr, culturellement évidemment et là-dedans, il y a la langue alsacienne, qui est imprégnée d’expressions autour du monde brassicole. Petite sélection amusante du vocabulaire alsacien :

  • Le Bierbüch : le ventre à bière. Se dit du « petit » embonpoint surtout masculin lié à la consommation de bière.
  • Et pour ce qui est de la taille des vessies : Ein Seidel g’soffe, Zwei g’saicht (une bière bue, deux de pissées).
  • Il y bien sûr le Schlouk, la gorgée (ça marche pour tout, pas seulement la bière)
  • Im Bierglas versüffe mehr als im Meer : Il y en a plus qui se noient dans la bière que dans la mer. Tout est dit.
  • Scheppele : peut désigner un biberon ou une petite choppe. Le mot existe dans les deux champs lexicaux, de la bière et de la petite enfance. Ça dit beaucoup de la culture alsacienne !
  • Falle in der Chrischtnacht Flocke lässt der Hoppe sich güet Stocke. Le calendrier paysan promet une belle récolte de houblon s’il neige à Noël.
  • Trink ich Bier so werd ich fül, Trink ich Wasser, henk ich’s Müll – La bière me rend paresseux mais l’eau me rend grincheux.
  • On considérait que les personnes grandes et fines étaient des Hopfestang, des perches à houblon
  • Bierstub, une institution en Alsace (bier-la bière et stub-la pièce chauffée en hiver dans la maison), c’est la brasserie (dans le sens du restaurant, autour d’un foyer où l’on se retrouve pour refaire le monde). Il existe aussi le winstub (pareil mais pour le vin)
  • Les Alsaciens faisaient appel aux forces supérieures pour leur production : Hopfe un Màlz, Gott erhàlt’s – Que Dieu protège le houblon et le malt
  • et les forces de l’esprit attestent qu’il existe le Biergeischt, l’esprit de la bière. Vous savez bien, celui qui réchauffe les joues et délie les langues !
  • et quand tout est fichu, on peut dire que le houblon et le malt sont perdus : Hopfe un Màlz sin’ verlore.
  • on finira par avoir une Kischt (une cuite) puis le Katzejàmmer (la gueule de bois).
  • et on ne pourrait pas faire cette liste sans l’expression qui débute toute dégustation entre amis :  S’gelt (qui signifie « ça compte »)
« A Taste Suprême » – The King Eric

Sources :

Bière et Alchimie – Bertrand Hell éditions L’Oeil d’or

Histoire et archéologie de la bière de Ferdinand Reiber (réédition) éditions Degorce

OLCA dont le guide de la bière est très sympa

et mes connaissances

Cet article est librement inspiré de la chronique des expressions cajun du podcast Binouze USA

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