Réapprendre à brasser avec ce qui pousse autour de nous – Une carte du houblon sauvage

La période de la récolte de houblon a débuté en Alsace et ailleurs. On peut observer les fières houblonnières dressées vers le ciel qui, attendant d’être cueillies, dansant gracieusement au vent.

Quittons un temps ces champs de houblon pour nous approcher des sous-bois, des grilles de lignes SNCF, des bords de fossé, de pistes cyclables… Ouvrons les yeux, le houblon sauvage est juste là, développant ses lianes sur des arbres ou sur tout ce qui va pouvoir lui servir de support.

Etienne Voinson brasse depuis quelques années sur son installation de 50 litres, chez lui dans sa cave. Au fur et à mesure des brassins, il s’intéresse tout naturellement à cette plante incontournable de l’univers de la bière. Si depuis une année il s’occupe de son plant de Strisselspalt, la curiosité l’a poussé à sortir et à se tenter à la cueillette de houblon sauvage. Curiosité d’abord, mais aussi un questionnement écologique, d’une plante qui se développe dans un milieu naturel, à quantités certes non industrielles (c’est pas le but), mais avec l’enjeu de la découverte et d’un certain regard sur la nature qui nous entoure.

Afin de mettre en valeur cette ressource naturelle et non dénuée d’intérêt pour le brassage amateur, Etienne propose une carte participative du houblon sauvage en France.

 

La carte est accessible ici : https://hopspot.gogocarto.fr

Vous avez observé un plant près de chez vous ou pendant vos balades ? En envoyant un mail à Etienne avec photo (optionnel), coordonnées GPS et description, vous participerez à enrichir cette carte.

Sur les objectifs de cette carte, Etienne précise :

« Il se trouve que le climat et les sols français sont très propices au houblon, alors pourquoi s’en priver ? Cette plante est cultivée depuis de nombreux siècles sur tout le territoire. On y trouve également d’innombrables spécimens sauvages, souvent observés dans les ripisylves, sortes de forêts avoisinant les cours d’eau. Les propriétés du houblon sauvage ne sont pas connues par le brasseur à moins d’en faire des analyses, et les propriétés gustatives ne sont
pas toujours au rendez-vous. Cependant le houblon sauvage peut parfois donner de bonnes surprises. Etant donné qu’un plant à une durée de vie supérieure à 20 ans, il est possible de récolter ses cônes chaque année en cas de découverte d’une perle rare ! Encore trop peu de personnes connaissent l’existence aussi abondante du houblon sauvage sur notre territoire, c’est pourquoi il m’a semblé judicieux de localiser certains spots intéressants pour les rendre plus accessibles. N’ayant pas la possibilité de fouiner dans tous les recoins de France la présence de houblon sauvage, je me suis dit qu’une carte collaborative était le meilleur moyen d’y parvenir. »

Brasser avec du houblon sauvage, c’est aussi renouer avec un produit du terroir, poussant dans nos milieux humides en toute liberté ; « réapprendre à brasser avec ce qui pousse autour de nous« .

Depuis le lancement, une soixantaine de lieux ont été référencés en France, mais aussi deux en Allemagne et en Suisse. Particularité culturelle certainement, mais quand Etienne est allé proposer sa carte sur un forum de brasseurs amateurs américain, il a été étrangement reçu, les membres considérant cette pratique comme peu qualitative (voire pire). Car effectivement, brasser avec du houblon sauvage peut être « risqué ».

Puisque le type de houblon n’est pas connu, un des risques est de se retrouver avec des « gouts d’ail, d’oignon ou de chaussette » (merci Gaël Stephan pour cette formule). Pensez donc à la petite infusion test avant la récolte. La teneur en acides alpha est également inconnue, mieux vaut l’utiliser en aromatique qu’en amérisant. Pour sa prochaine expérience, Etienne brassera d’ailleurs une SMASH avec un houblon sauvage, histoire de bien pouvoir comprendre ce que cette variété cueillie pourra lui donner.

Si vous décidez de vous fournir directement, veillez au respect des lieux. Souvent situés en zone humides, ces milieux sont fragiles. Certaines zones sont également protégées, donc la cueillette y est interdite.

 

Une autre carte de ce type existe également du coté de Tela Botanica.

Bonnes cueillettes ! Bons brassages !

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